Dans un émission sur les biopics (France Inter, le mois dernier), les journalistes et l’invité défendaient la thèse suivante : l’heure était venue des biopics de l’intime, celles qui célébraient la part anecdotique de leur sujet, étendaient leur linge sale et leurs mesquineries conjugales. Je trouvais ça réducteur mais je dois admettre qu’il y avait du vrai. Prenons Franklin Delano Roosevelt, 32eme président des Etats-Unis, élu quatre fois, paralysé par la polio, figure incontournable de la Seconde Guerre mondiale et qui a fait l’objet d’un biopic téléfilmé dans lequel il est incarné par Bill Murray qui se fait tripoter par sa cousine à la faveur d’un voyage dans le Sussex.

Sa personnalité est pourtant autrement plus riche. Ambitieux, charismatique, surdoué, paraplégique, FDR s’est accroché au pouvoir jusqu’à sa mort, se présentant pour un quatrième mandat alors qu’il se savait condamné. Surtout, grâce à un subterfuge improbable, il a réussi à faire croire de nombreuses années à l’opinion américaine qu’il pouvait encore marcher. La performance est incroyable dans ce qu’elle recèle d’orgueil, de rapport à sa propre mortalité, de goût du pouvoir, de puissance et ténacité. L’homme, qui a longtemps refusé d’admettre qu’il était destiné à rester paraplégique et qui a trompé des foules pendant plus d’une décennie, aurait déclaré : "Il y a deux grands acteurs en Amérique : Orson Welles et moi". Ca a quand même une autre ampleur que les caresses incestueuses de Bill Murray. Alors, à l’occasion, fais-moi plaisir : penses-y, Hollywood et reprends goût à la grandeur.

Tag(s) : #Brèves cinéma, #Blog
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