Parce que, que l’on soit à la cour ou en 2014, les mêmes vérités sont là pour nous faire mal : les grands principes sont toujours faillibles, l’amour frappe souvent de manière ironique, celui qui est trop intègre est souvent un peu grotesque. Et le pire : les gens qu’on aime n’aiment peut-être rien d’autre que l’amour que leur porte la foule. C’est beau, c’est compliqué, c’est mélancolique.

En revoyant le Misanthrope (avec Michel Fau, il y a quelques mois), je me suis rendu compte que le spectateur prend le récit en pleine conversation et que la pièce se referme en chassant l’action hors champ, sans jamais la conclure. Cette vivacité donne envie de relire tout Molière. Bizarrement, si le moindre scénariste de Fourmiz s’enflamme pour Shakespeare, les auteurs français n’ont pas le même fétichisme avec Molière. On retient (à raison) les climax parfois paresseux mais on oublie l’à-propos de la parole, la perfection de la formulation des enjeux, les pleins et déliés de la construction … Enfin. Il n’est jamais trop tard pour prendre un peu de hauteur, avec le site Tout Molière qui propose l’intégralité de son œuvre en PDF. Et mieux, avec Molière 21, qui permet de découvrir la première version de Tartuffe, interdite en 1664 et reconstituée pour la première fois. Ca fait beaucoup de lecture, mais au moins, ça change des séries.

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