J'ai tardé. Cela fait deux ans que je veux écrire un article digne de ce nom sur Des Apaches de Nassim Amaouche, mais, ce n'est pas un film qui se laisse détricoter. Des Apaches pourrait ressembler à ces épisodes oniriques des Sopranos, dans lesquels tous les pans de la vie de Tony se trouve mêlés, remixés, malaxés, offerts à son œil mélancolique. Dans ces moments-là, on n'a pas envie de pointer du doigt les équivalences, ou le sens qui frémit sous les images. Seulement de goûter l'atmosphère, d'apprécier la vie qui court et s'enfuit, et qu'on ne rattrape jamais, comme la signification de nos songes. Alors, je n'ai pas envie de trop en parler des Apaches. J'ai seulement envie d'y rêver. De revoir Laetitia Casta s’avancer dans ce couloir d’hôtel fantasmatique pour devenir un peu plus une créature de cinéma, à chaque pas qu'elle effectue, jusqu'à la porte de la chambre. Je veux frissonner à nouveau quand l’enfant et l’adulte se rejoignent cette nuit, sur le toit. Je veux me rappeler mes propres mercredi après-midis à cavaler dans les années 90, quand le petit bouclé déboule la rue de la Jonquière. Je veux revoir l'ombre portée de Tom Hagen quand je repense à André Dussolier qui vient gérer les affaires courantes dans le café. Et me dire que les souvenirs, les rêves, les films appartiennent au même horizon quand on chemine à côté de sa vie.

Ecrit par Nassim Amaouche et Guillaume Bréaud

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