Depuis que Enfant du Rap s’est arrêté sur cette fameuse citation de Lino, je ne sais plus où m'adonner à mes élucubrations sur le rap. Je pourrais écrire pour plein de webzines ou tenter de raconter ma vie dans des bios d'artistes mais ça ne serait pas exactement pareil. Alors, tout compte fait, autant le faire ici, avec cette liste de 5 titres pas forcément récents, pas du tout exclusifs mais que je trouve juste bons.

My Président Is Black (Remix) – Jay-Z, Nas, Young Jeezy : Couplet extraordinaire de Jay-Z qui célèbre en apparence l’aube d’un jour nouveau, mais dans lequel tout se mélange, les droits civiques et le matérialisme, l’egotrip et la conscience noire. Au final, Jay-Z n’a jamais paru aussi sincèrement heureux dans un morceau, un peu comme si c’est lui qui avait été élu et pas Obama. En écoutant la 1ere minute du titre, j’imaginais même un remake 2008 de la Million Man March, mais avec une horde de moguls (Puffy, Master P, Baby, Russel Simmons) qui marchent hilares, vers Washington en se tapant le dos, un soleil orange derrière eux. Peu importe le cynisme politicien, les déceptions à venir et la suite de l’Histoire, forcément douce-amère, il restera toujours ces 16 mesures pour immortaliser ce bref moment de plénitude. Par contre, pour être honnête, j’écoute jamais les autres couplets.

Crack A Bottle - Eminem, Dr Dre, 50 cent : Le clip idéal pour ce morceau ? C’est l’été et la Shady-Aftermath family organise un barbecue dans la maison de 50 cent (c’est Bizarre de D12 qui est chargé d’amener les saucisses) et tous les seconds couteaux qui ne sortiront jamais d’albums (Cashis, Bishop Lamont …) caméotent en faisant du low-rider. Ce titre me rappelle Bad Boy For Life de Puffy. Puis j’aime quand des multi-millionnaires rappent avec un plaisir apparent sur un simple titre promotionnel. A la fois intemporel et complètement anecdotique.

Motown 25 - Elzhi, Roye Da 5’9’’ : Ce que j’aime dans le rap c’est les rappeurs qui ont failli toucher les étoiles et qui reviennent kicker dans le ghetto, auréolés d’une aura particulière. Par exemple, Royce n’a jamais connu la gloire mais il a été tout près de peut-être devenir une star. Comme il n’est pas parvenu à ses fins, il se console en tant qu’invité avec des couplets qui brûlent des albums entiers. Ici, avec Elzhi où il épure ses rimes jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une aisance arrogante qui semble signifier : J’aurais pu être une immense star et je vous emmerde tous autant que vous êtes. 

Who killed it – Joe Budden : Ce morceau aurait dû s’appeler Jump The Shark. 15 minutes de soliloque qui refont le monde du rap à la recherche d’un point crucial. Quand est-ce que le rap est devenu moins bien ? Joe Budden n’a pas de réponse, alors il se lance dans une tirade sans rime ni raison (en fait si, les rimes sont très bonnes) avec du Marvin Gaye en fond sonore. Ca ressemble à un interminable post de fan sur un forum, sauf que c’est pondu par une des meilleures plumes de New-York et ses environs, en l’occurrence le New-Jersey. Mais bon, je ne connais pas tout non plus.

Move On – Joell Ortiz, Joe Budden : Tiens, encore lui. Et s’il n’y avait pas que le rap dans la vie ? Cernés de guetteurs qui attendent leur chute ou qui rient de leurs déconvenues, Joell Ortiz et Joe Budden ont la meilleure des réponses : ils continuent à bosser et à vivre. Ortiz nous parle de sa mère et Budden parle de son fils, paraphrase Bob Dylan, fait de la pub pour un blockbuster que je n’ai pas vu et pense à faire la paix avec le Monde avant de devenir tout rouge et d’envoyer chier la terre entière. Epoustouflant. Il existe un remix du morceau avec tout le super-groupe Slaughterhouse mais je n’ai pas envie de l’écouter tout de suite. Cette version-là me convient très bien pour l’instant.

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