Pourquoi tant de cavalcades, d’évasions, de braquages, de stratagème improbables (un faux flingue à base de piles, une clé de cellule en Babibel) et de retours à la case prison ? Evoquant son pire souvenir pénitentiaire, Michel Vaujour fournit l’explication de ses fuites à répétition : "A un moment, j’en étais arrivé à me dire que je ne toucherais plus jamais un arbre". Entre l’instinct de mort, l’appel de la nature et une ascèse intellectuelle impressionnante, ce documentaire nous fait rencontrer un personnage fascinant. Les actes ne sont jamais excusés, les prouesses jamais magnifiées mais le raisonnement de Michel Vaujour est placé au cœur d’un film qui fuit le spectaculaire à tout prix. Seul dispositif : Vaujour à une table de salle à manger qui fait des croquis sur un morceau de Sopalin. Certains dirons que c’est peu et c’est vrai que par moments, notre attention se fait la belle. Mais reste le souvenir d’une rencontre en longueur avec un personnage sensible qui dit de belles choses, notamment sur la découverte tardive de l’amitié. Et qui rit bien peu, sauf une fois, aux éclats, avec ses neveux. On ne saura jamais pourquoi. Un beau film de Fabienne Godet qui a réussi à presque me faire aimer la campagne.

 

Ne me libérez par, je m'en charge, écrit par Fabienne Godet et Franck Vassal

Tag(s) : #Brèves cinéma