... Qui a arrêté cette série formidable pour cause de baisse d'audience.  Oui, je vis encore en 2006. Quoiqu'il en soit, fin de règne magistrale dans West Wing 7. La tension présente dans l'air depuis le premier épisode s'abat comme un coup de massue sur nos héros et me fait penser à la conclusion des Soprano. On retrouve cette même envie de sacrifier des personnages qu'on a aimés pendant 6-7 ans et que l'auteur décide de faire payer brutalement,  après les avoir épargnés si longtemps. Encore que dans les Soprano, c'était plus du nettoyage par le vide. Là, il s'agit de faire place nette pour la génération prochaine qui s'agite dans la moitié des épisodes, ce qui atténue la noirceur de l'ensemble. Mais derrière l'odysée du futur président latino, reste Bartlet, noble personnage dont les  idéaux sont mis à mal par les scandales répétés et une sclérose rampante. Tout ça pour dire qu'en matant West Wing à 2 heures du matin la lumière tamisée, j'avais l'impression de saisir l'atmosphère étouffante de la Maison Blanche période Watergate, mieux que dans tous les films sur Nixon, qui n'atteignent à aucun moment ce sens de la tragédie (faudrait que je termine les mémoires de Charles Colson un de ces jours d’ailleurs).

Heureusement, pour m’empêcher de sombrer dans la paranoïa  à en pleine nuit, West Wing garde de plus joyeux arguments : on retient des dialogues hallucinants (avec les meilleures vannes jamais entendues au monde sur les marges d'erreur dans les sondages d'opinion), des manigances passionnantes sur le positionnement ethnique et religieux des candidats et une densité incroyable, même absente chez Sorkin – je sais, c'est sacrilège mais tant pis. Le côté théâtral des 4 premières saisons a disparu et comme je disais je ne sais plus quand, c'est désormais tout un MONDE, sans limites temporelles ou géographiques qui se déroule sous nos yeux, qui ne peuvent malheureusement pas tout voir. Cette richesse est presque le défaut de la saison tant on sent que le staff de scénaristes avaient assez d'idées pour trois saison centrées sur trois groupes de personnages différents. Enfin, je dis ça maintenant mais en vrai, j'ai un aveu à vous faire : je n'en suis qu'à l'épisode 6. Pourvu qu’ils tiennent tous, auteurs et personnages, le rythme jusqu’à une fin qui sera forcément grandiose.

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