Au moins, Michael Mann sait filmer les années 30. Au lieu de filmer son histoire façon "visite au musée" (cf : L'Echange de Clint Eastwood), il nous raconte la cavale de Dillinger comme si elle se passait en ce moment. C'est heurté,  très serré, numérique, surexposé, elliptique et ça nous évite toutes les scènes de reconstitutions historiques barbantes qu'on voit souvent dans ce genre de film. Comme en plus, son sens du cadre est au rendez-vous (belle chasse au fugitif parmi des arbres mauves pour nous présenter Christian Bale), ça donne des très belles images de cinéma. Là où ça se gâte, c'est quand le scénario s'en mêle (dès que Marion Cotillard apparaît à l'écran, on sait que la scène n'aura aucun intérêt). Restent des moments de bravoure et d'hémoglobine (ah, la  fusillade dans les bois ...) qui sauvent l'ensemble. Je n'ai pas vu Miami Vice, mais il paraît que le scénario n'était pas non plus fameux. Michael Mann aurait-il peur de re-filmer des scripts qui éclipseraient son bluffant talent de cadreur ?

Sinon, scandale. A un moment, quand Dillinger est au cinéma, il regarde Manhattan Melodrama. Pourtant, plusieurs fois, les sous-titres présentent le film comme L'Ennemi Public Numéro 1 (de William Wellman donc, et n'ayant rien à voir avec Manhattan Melodrama). Pourquoi une telle absurdité ? Plaisir malsain à égarer les spectateurs ? Paresse de chercher le vrai titre français du film ? Envie de jouer sur une ironie dramatique supplémentaire (Dillinger est lui aussi ennemi public numéro 1) ? Pour faire simple, je n'ai pas compris. Si quelqu'un peut m'éclairer sur ce contresens énorme, je le remercierai de bon coeur.

Edit : Honte à moi. L'Ennemi Public Numéro 1 est bien le vrai titre français de Manhattan Melodrama. Et Public Enemy de Wellman a pour titre français L'Ennemi Public (sans aucun n°1 derrière). Vous suivez ? Mea Culpa donc et 1000 excuses pour ma mise en cause du travail de traduction.
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