Oxmo Puccino s'accorde bien avec les beaux objets. Mon esprit ému se souvient encore du dossier de presse du Lipopette Bar, que je conserve en lieu sûr. Mais ce n'était rien à côté de la bonne idée du Diable Vauvert de rassembler ses textes dans un petit bouquin ludique. Un petit bloc rouge, large comme un dé à coudre et qui réunit pas mal de classiques in extenso (L'Enfant Seul, J'Ai Mal au Mic) ou en fragments (A ton enterrement). Constat: même si certaines paroles perdent pas mal d'applomb sans sa voix mielleuse (Nirvana), les autres y gagnent au change. Car plus que les prouesses passagères ou les fulgurances qui cachent la forêt, ce qui fait l'unité d'un auteur, ce sont les renvois discrets, les tournures de phrases qui  reviennent… Vous me suivez, hein ? Et, posée sur papier, la cohérence du style & des obsessions d'Oxmo saute encore plus aux yeux. Du coup, Mines de Cristal, malgré ses oublis HONTEUX (la chanson du même nom, La Loi du Point Final, le refrain de Perdre et gagner), c'est un peu comme la visite d'un bel édifice qui s'est construit sous nos yeux pendant toutes ces années : l'oeuvre d'Oxmo Puccino, rappeur qui n'a pas attendu de passer sur France Inter pour savoir écrire et qui n'a pas eu besoin de la reconnaissance de la critique pour savoir où il allait. Maintenant, pour être honnête, ça n'a pas fait sauter mes réticences concernant L'Arme de Paix. Je ne l'ai toujours pas écouté. Mais grâce à ce bouquin, je suppose que ça ne saurait tarder.

 

Voir aussi : Enfant du rap - L'Amour est mort mais l'espoir respire encore (Last Mag 17)

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