Le cinéma vieillit et permet de jouer à saute-mouton avec les siècles comme aucun autre art avant lui. Il y a quelque chose de magique dans le fait de tomber sur ces images en 2011, après minuit alors que je traînais en parallèle sur un forum de rap, à l’affût d’une mixtape très difficile à trouver. Ces images datent de 1903 et je suis là, 108 ans après, à me prendre leur simplicité dans la figure. Très ambitieux pour son époque (le cinéma avait moins de huit ans), cet Alice tient autant de la superproduction que du film domestique : le co-réalisateur joue un rôle, son épouse interprète le Lapin Blanc et même leur chien est mis à contribution. En résulte une suite de vignettes qui reproduisent avec adresse les grands motifs de Lewis Carrol mais avec une touche de naturel et d’intimité difficile à retrouver aujourd’hui. Grâce au travail des restaurateurs, on a l’impression d’être à leur côté par un après-midi d’été, pendant qu’ils s’amusent à faire ce film. Jamais 1903 n’avait paru si proche. J’aurais aimé être avec eux cet après-midi là.

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