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Le 9 mars 1997, Notorious BIG échappait de peu à la mort. Je m’en souviens, c’était à la sortie des Soul Train Music Awards. S'il s’en est fallu de peu pour que Wallace ne finisse dans un cercueil renforcé, cet incident a complètement fait déraper sa carrière. Incapable de promouvoir Life After Death en raison de sa longue convalescence, Biggie se fit attaquer pour son virage pop et son embourgeoisement.
 
Il ne trouva rien de mieux qu’accuser Puffy pour ces choix artistiques mais le mal était fait. Il devait trouver quelque chose pour sauver l'honneur, n’importe quoi. Ce fut Born Again. Enregistré en catastrophe par un Biggie à peine remis, l’album était censé représenter un retour aux sources. Fini le champagne, Biggie avait perdu le pari Life After Death et se raccordait à Ready To Die : il moquait ses agresseurs (Dead Wrong), chantait le ghetto (Niggas) ou tentait une suite à The What (Rap Phenomenom). Il fit même mine de reproduire le coup de maître de Notorious Thugs mais avec les Hot Boys, sauf que cette fois-ci c’était pâteux et assez minable (Hope You Nigga Sleep). Il y avait des grands moments comme le récit de sa convalescence (Notorious) ou les partouzes de Big Booty Hoes, mais ça ne suffisait pas : Biggie voyait la scène rap se dérober sous ses pieds.
 
Peu aidé par Puffy qui consacrait tout son temps à produire les albums de Mase et Shyne, Biggie raccrocha les gants. Durant des années, l’ex-roi de New York  laissa quasiment tomber le rap. Ses seules prestations furent pour les albums de Lil'Kim, qu’il continua à produire (et  à sauter ?) et Jay-Z. Le reste du temps, il faisait la pub de sa marque de fringues Brooklyn Mint, et tenta même de faire l’acteur dans deux films de son pote Martin Lawrence. En 2006, le fiasco Final Chapter, censé boucler son contrat avec Bad Boy, montrait bien qu'il n’en avait plus rien à foutre du rap : désincarné, disparate, l’album avait tout d’un disque posthume. Biggie a bien fait de s’arrêter là. Réconcilié avec Faith Evans, il habite aujourd’hui une luxueuse propriété dans la vallée d’Hollywod, à quelques kilomètres de là où il a failli  trouver la mort. Entre deux pubs pour sa chaîne de fast food Big Poppa's, Biggie, aujourd’hui 38 ans, se repose, fume de l’herbe et s’occupe de ses gosses. Je ne sais pas ce qu’il fait le reste du temps. Je ne sais même pas si Lil’Cease est toujours son chauffeur. Il paraît que le soir, il s’assied dans un fauteuil de son jardin et observe la vue. Et chaque soir, malgré de mauvais choix de carrière et un goût pour le rap qui n’a plus été le même depuis qu’il a frôlé la mort, il refuse de sombrer dans l'aigreur. Car malgré tout, sa fin de carrière reste honorable. Parce qu’il peut voir ses enfants grandir et parce qu’à moins de 40 ans, tout est encore possible pour lui.
 
Et parce qu’il sait bien que tout ceci aurait très bien pu ne jamais arriver.
 
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Tag(s) : #Un peu de rap
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