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Ca commence avec The Message en fond sonore et ça finit juste avant un concert de Run-DMC. Pourtant, le hip-hop n’est pas au centre du film. D’ailleurs de bout en bout, le doc semble refuser la notion d’unité thématique. Plusieurs sujets s’offrent à nous et c’est à chacun de faire son marché : Basquiat l’enfant prodige, Basquiat l’artiste méta-réflexif et, bien entendu, Basquiat le drogué. La partie qui m’a le plus intéressé pourrait s’appeler "Basquiat le Noir", avec tout ce que ça implique. "Le problème d’un Noir qui s’insère dans les milieux élitistes, c’est qu’il en vient à représenter tous les Noirs aux yeux des gens de ce milieu. Tout simplement parce qu’il est le seul qu’ils côtoient", dit un intervenant dont j’ai honteusement oublié le nom. Et c’est à ce stade du film que les choses se nouent. A un moment, un journaliste rapproche ses toiles de l’art primitif et Basquiat se braque : "Primitif ? Vous voulez dire, comme des singes ? Vous sous-entendez que je suis un primate ?". En découlent la série de tableaux Les Rois Noirs qui défilent beaucoup trop vite dans le film mais qui m’ont plu par leur minimalisme, très loin de ce que Basquiat a fait durant le reste de sa carrière. Le reste  est plus secondaire : pourquoi Basquiat s’est-il drogué, pourquoi a-t-il vécu n’importe comment, pourquoi est-il mort ? L’intervenant dont j’ai déjà parlé a sa réponse ; elle est cachée dans le milieu du film : "Je crois que ce qui lui faisait le plus peur, c’était de finir par devenir une curiosité dépassée. D’être ‘le Noir intéressant de l’année dernière’ ".

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