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Le film se rapproche à grand pas. Et naturellement, ça donne envie de se repencher sur le roman. Le Musée des Lettres et Manuscrits consacre une (trop) petite exposition à L’Ecume des Jours. Le plus fascinant, ce sont les brillants manuscrits, quasiment dénués de ratures. Ecrit en deux mois et demi par Vian sur ses horaires de bureau (merci l’AFNOR), L'Ecume a été rédigé quasiment d’une traite, dans un flux continu. En cela, on retrouve complètement le Vian magicien du premier jet, le "touche-à-tout de génie"  dont la pure performance éclipse parfois la qualité de l’écriture. Car lire du Vian revient souvent à se prendre dans la figure ce souffle de vie, ce bouillonnement en temps réel de trouvailles et concepts qui semblent surgir au fil de la plume. C'est parfois oppressant, d'ailleurs, comme si la phrase elle-même ployait sous le poids de ses propres idées. C'est sûrement pour cela que j'ai toujours trouvé Vian plus léger et aérien dans ses écrits mineurs (revues de presse de jazz, certains Sullivan, articles en tous genres ou ... scénarios de films)Pour en revenir à l'Ecume, la seule exception à ce trait de plume ininterrompu est l’avant-propos, laborieusement rédigé, raturé et recommencé. Ce dimanche après-midi m’a quand même valu la joie de découvrir de la main de Vian cette phrase que j’aime tant : "Il apparait en effet que les masses ont a priori tort et les individus toujours raison". Je me plais à penser qu'il s'agit d'une vérité absolueLe manuscrit intégral est disponible en fac similé aux Editions des Saint-Pères. Un jour peut-être.

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