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Comment assumer deux versions de la même histoire ? Assayas n'a pas voulu essayer : le vrai Carlos, c'est celui de Canal Plus qui dure 5 heures et des poussières. La version ciné, à côté est loin de proposer une narration autonome et parfaitement fonctionnelle. Au contraire, elle fait le choix d'instantanés : entre deux fondus, des personnages vont, viennent et disparaissent et une décennie file en un clignement d'oeil. Le spectateur est frustré, manque de temps pour prendre ses aises mais, à la longue, ces ellipses au forceps sont le point fort du film. Assayas construit toute sa version cinéma sur ces points de béance du récit et sur des fondus au noir qui ne servent pas de transition mais de renvoi quasi-explicite vers le montage en épisodes. C'est assez frustrant et perturbant mais ça maintient l'oeil sur ses gardes et transforme Carlos, le film en produit d'appel sacrément convaincant pour la version intégrale. Et, entre les deux visions, n'hésitez pas à lire cette très bonne interview présente chez Brain, qui permet à Assayas d'évoquer les parti-pris propre à chaque avatar de son film. Très instructif.

PS : Et oui et j'ai vu Inception finalement.

Carlos, écrit par Olivier Assayas et Dan Franck

Tag(s) : #Brèves cinéma
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