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"On ne réfléchit pas à l’évolution de nos personnages, à vrai dire. A chaque saison, on élabore d’abord une histoire puis on voit de quelle manière les personnages pourront s’y intégrer" 

C’est David Simon, créateur et scénariste de The Wire, qui parle quelque part dans les bonus de la saison 3 que j’ai regardée récemment. C’est intéressant de voir que The Wire  et The Sopranos ne cessent encore aujourd’hui d’être comparés alors qu’elles appartiennent à deux genres totalement différents. La preuve, dans un commentaire audio des Soprano, David Chase disait très exactement le contraire de Simon : lui et ses scénaristes prévoient une courbe pour leur personnage et imaginent ensuite les évènements qui vont leur permettre d’évoluer. C’est intéressant, ce mélange entre des scripts extrêmement secs et précis et une narration globale beaucoup plus flottante : des évènements se perdent, des personnages tressautent mais l’illusion de la vie fait beaucoup plus son effet. A côté, The Wire est une construction cérébrale, une sorte de macro-fiction vue du ciel. Il parait que tout retombe sur ses pattes à la fin, que rien, absolument rien, ne dépasse ou n’est irrésolu à la fin de The Wire. Je ne prends pas forcément ça pour une qualité. Question d’instinct et d’hémisphère du cerveau, je suppose. Mais alors, si les deux séries n’ont rien à voir entre elles, pourquoi les compare-t-on tout le temps ?

Tag(s) : #Brèves cinéma
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