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C’est donc un hommage à des femmes qui ont fait don de leur corps à l’inconscient collectif. En soi, cette bande dessinée n’apprendra rien aux spectateurs assidus d’Hollywod Stories sur Paris Première : oui, Linda Lovelace (madame Gorge Profonde) avait couché avec un chien avant de devenir célèbre ; et oui, Betty Page a fait deux ou trois photos porno. Aussi, quand il se contente de coller à la réalité des faits, l’ouvrage ennuie un peu. Il est plus touchant quand il tente de saisir des moments de vie simple et fragiles, ou quand il gratte pour imaginer la vérité intime de ces deux femmes. Leur part de mystère est toutefois préservée : Linda Lovelace est restée toute sa vie sous la coupe de gourou successifs, passant des griffes d’un mari maquereau à celles de différents groupes féministes. Quant à Betty Page, elle a tout simplement disparu dans un nuage de souffre (un peu comme Diablo dans les X-Men), laissant des photos et sa légende pour nous occuper. Elles demeurent de célèbres inconnues, des machines à fantasmes dont personne ne sait grand-chose. Elles demeurent surtout liées à leur époque respective et aux tabous qu’elles ont fait sauter. Dès lors, vous pensez que de tels mythes pourraient naître de aujourd'hui ? Ca me paraît improbable. Comme le disait Benoît Sabatier dans Techikart (mais à propos de Kim Wilde), de tels "sex symbols" ne peuvent plus exister de nos jours, car plus il y a de sexe, moins il y a de symbole. Et tant pis si ça doit vexer Sasha Grey.

Disponible chez l'Association

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