Il y a quelque chose de touchant dans film, derrière les vomissements de Jeff Bridges, c'est le regard de Colin Farrell dans sa brève apparition. Et pourtant, croyez-le, il m'en faut BEAUCOUP pour trouver Farrell sympathique. Dans Crazy Heart, il joue Tommy, le chanteur country wonderboy qui éclipse son mentor et le laisse sillonner tous les bleds du Nouveau Mexique pendant que lui remplit les stades et encaisses les chèques. C'est passionnant car ce Tommy n'est pas l'archétype du merdeux ingrat qu'on pouvait imaginer. Au contraire, il porte en lui et dans ses yeux la culpabilité de la déchéance de son pote. Ce n'est que sous-entendu dans le film mais il s'en veut de ne pas avoir été là quand Blake vomissait sur scène alors qu'il épousait des actrices de sitcom. Il s'en veut d'écouter sa batterie de managers et de chefs de projets qui lui disent d'enregistrer un album solo, alors qu'il voudrait juste rendre service à son vieux pote. Il s'en veut de ne plus vivre dans le monde de ses débuts et de l'avoir accepté aussi facilement. Et quand ils sont adossés à cette vieille Buick ou je ne sais quoi, on voit le regard de Blake, celui de Tommy et on se dit que le plus libre des deux n'est pas celui qu'on croit. C'est fou, mais vous savez à qui j'ai pensé en voyant ce passage ? J'ai pensé à Eminem.
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