François Cluzet est un escroc à contre-courant. Au lieu d’aller vers les gens la chemise bien repassée avec une mallette de VRP, il est taiseux, bougon, hésitant, il fait mauvaise impression. Est-ce prémédité ? Est-ce qu’il pense que feindre la méfiance est le meilleur moyen de gagner leur confiance? Ou est-ce qu’il est simplement engagé dans quelque chose d’irréel qui le dépasse dès le départ ? C’est une des nombreuses qualités du film de ne pas trancher cette question et de laisser les motivations de Cluzet dans le flou. Les autres ? Le syndrome de l’imposteur, qui commence toujours a croire à son mensonge au moment où il est mis à jour. La métaphore cinématographique. Les dialogues en creux. La présence monstre de Depardieu en épave de la petite escroquerie. La réalité qui se dérobe ("Je n’existe pas, c’est ça ? Et alors, là, vous parlez dans le vide ?"). Mais ce serait faire injure au film que de tenter de l’englober dans un modeste article de blog. Alors, je m’arrête là. Ah si, quand même : il y a une vie après Mes Copines. Soko est formidable.

Mes excuses aux 183 membres du répertoire de mon téléphone qui ont reçu  en 10 exemplaires un résumé de cet article en guise de SMS. Pure erreur de manipulation.

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