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Enfin vu la trilogie Pusher. Je dois dire que les différences entre le premier film (96) et les deux derniers (2005) sont si criantes qu'on ne peut pas s’empêcher de penser qu’un obscur machin nommé Les Soprano est passé par là entre temps. Milo en imper à l’aube devant sa piscine, ça ne vous rappelle personne ? Mais si vous désirez voir les Pusher, ne ratez surtout pas le DVD bonus. Loin d’un bête making-of, il propose le film Gambler qui suit Nicolas Winding Refn pendant la conception du tome II. Une suite qu’il se résoud à pondre à toute allure pour sortir sa boîte de prod du rouge. Là où Pusher était filmé comme un documentaire, Gambler est dialogué/monté comme une fiction avec des grands moments d’égarement ("Je sais que j’ai cinq millions de dettes mais crois-moi, je n’ai jamais été aussi proche de la fortune !"). Et plus d’une fois, Refn ressemble à ses personnages de dealers junkies indécrottables. Les parallèles sont nombreux (la scène de bain de sa fille, le dopage à l’aspirine, les petits mensonges en pagaille…) et créent une symétrie troublante avec les trois premiers films. Alors je préfère vous prévenir : on vous avait menti, Pusher est une tétralogie. Sans Gambler, Refn aurait pu s’étaler sur 47 films avec des personnages secondaires qui se dédoublent à l’infini, sans réelle unité. Mais avec le doc, tout est bouclé : la vie imite l’art qui imite la vie. Et c’est très bien ainsi.

Tag(s) : #Brèves cinéma
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