Tout à son idée de rendre transposable au cinéma l'intégralité de son bestiaire, DC Comics pond des origines pour pas mal de ses héros, dont ce Green Arrow sans grande envergure. Green Arrow à la base c’est  Oliver Queen, un millionnaire naufragé sur une île déserte et qui apprend à tirer à l’arc en visant les noix de coco. Revenu dans sa ville fictive natale (est-ce Star City ?), il décide de combattre le crime. Je simplifie sûrement et j’en suis désolé, mais vous comprenez, je me fais vieux.

 En bon soldat, le scénariste Andy Diggle remplit sa mission avec beaucoup de coeur à l'ouvrage Car le vrai intérêt de la lecture est là, dans cette observation du  reformatage d’un super-héros selon les règles basiques du blockbuster hollywoodien. Oliver Queen devient une sorte d’épave mondaine, toujours prêt à la moindre entourloupe fiscale et qu’on est bien content de voir criblé de balles dès le début de l’histoire. Et c’est la prise de conscience du personnage, son ingéniosité et son refus – bien entendu – de tuer des gens qui achèvent d’en faire un héros digne de ce nom. C’est beau, simple, avec une motivation nouvelle pour Queen : la culpabilité. Tout est du prêt à filmer, scènes d’action interminable et confession de dernière minute du grand méchant, incluses. Quant au dessin de Jock, il a le bon goût d’être purement et simplement narratif … comme un storyboard de film ? Green Arrow Année 1 a vraiment tout de la BD démo adressés aux cadres de la Warner. Unique faille dans ce plan imparable :dans la catégorie des milliardaires alcooliques, Iron Man est déjà passé par là. Et j'en suis le premier désolé : sans tout ce clinquant high-tech fatigant et déjà dépassé, ces voitures de luxe inutiles, ces blagues de bas étages et cette mentalité FHM au rabais, Green Arrow aurait fait un bien meilleur divertissement.

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