Les désastres sont imprévisibles et leurs signes avant-coureurs sont imperceptibles. Sauf pour Beanie Sigel. Vivre dans la crainte du pire jusqu’à provoquer ce qu’on redoute, voilà un comportement intéressant et sûrement très courant. Peut-être qu'il craignait de rester bloqué à Philadelphie toute sa vie. La possession de quelques armes à feu, une accusation de tentative de meurtre et une dizaine de peines de prison plus tard, Sigel a eu ce qu’il craignait : un retour direct dans les rues de Philadelphie, qui ont d’ailleurs été ravagées ce week-end par Irène. Quand j'ai entendu ça hier, j'ai pensé à lui (désolé, on ne se refait pas). Je ne sais pas s’il va reprendre sa carrière en main, je n’y crois pas trop. Il reste quand même quelques très belles chansons, dont ce Feel It In The Air où la paranoïa se ressasse de couplet en couplet et mène à la déroute. Alors que le monde a vieilli de dix ans en quelques mois et s’écroule en toutes parts, je me dis juste qu’il est impossible de vivre longtemps avec cet état d’esprit. Il faut bien se convaincre que les choses finiront par s’arranger, non ? Je me demande si Beanie Sigel a fait une chanson sur le sujet.
 
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