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Dans La suite à l’écran, Jean Aurenche dit des choses formidables sur Jeux Interdits. Il raconte entre autres que le film était initialement un moyen métrage qui a été repris et gonflé de 40 minutes de scènes inédites. Vous imaginez à quel point la réécriture du scénario a dû être acrobatique ? Ca rend également admiratif de René Clément qui a retrouvé huit mois plus tard des gamins qui avaient pris 15 centimètres et qui avaient perdu leurs dents de lait. Clément ne s’est pas démonté : il a mis un dentier à Brigitte Fossey (âgée de 6 ans ou quelque chose comme ça), a trouvé des astuces de cadrages et a fini son film. A la sortie, personne n’a relevé les faux raccords de végétation, les tailles changeantes des enfants … Clément avait admirablement fait son travail. Le résultat fut, je crois l’un des films les plus primés en son temps, avec notamment un Oscar du meilleur film. Et presque soixante ans après, il continue à se tenir très bien. On retient certes une ritournelle qui finit par agacer à force d’appuyer la sentimentalité du propos ; et des dialogues d’enfants parfois un peu plaqués, comme disait Claude de Givray dans notre documentaire. Mais il y a aussi un humour, une fraîcheur, comme cette bagarre au bord d’une tombe, digne du cinéma burlesque des années 20. Et cette merveilleuse fin, dont je ne dis rien sinon on va encore m'accuser de gâcher le plaisir des gens. Bref, mardi, faites-moi une faveur : couchez-vous tard.

Diffusion le 14 décembre sur sur France 2 à 1h40

Un film écrit par Jean Aurenche, Pierre Bost, François Boyer et René Clément

D’après la nouvelle de François Boyer

Tag(s) : #Brèves cinéma
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