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Mardi soir, seul dans le froid normand, j’ai lu L’Adversaire. J’avais beau connaître l’histoire, le malaise a été grand.Le portrait de Florence m’a paru cruel et triste ("Pas sotte mais pas maligne non plus, en ce sens qu’elle ne voyait pas plus le mal qu’elle ne faisait") et la mort de la mère que Romand a tué de face, croisant son regard alors qu’il appuyait sur la carabine, m’a fait arrêter la lecture quelques instants. Mais il y a quelque chose de terrifiant dans l’Affaire Romand dont Carrère rend très bien compte : c’est l’après. De mémoire, Fieschi et Garcia en parlent peu dans leur adaptation. Ca se comprend. Bien sûr, c’est moins immédiatement mystérieux que la vie d’un faux médecin qui trompe la terre entière pendant 15 ans. Mais c’est presque aussi fou et terrible, l’exploit d’un homme nu, percé à jour de part en part qui continue à mentir, à jouer n’importe quelle comédie pour continuer à vivre. Même arrêté, incarcéré, condamné, Romand ne semble pas, dans le livre de Carrère, faire face à son acte. Alors, quelle est la place de la justice là-dedans ? Si emprisonner et juger quelqu’un ne le fera pas changer, que reste-t-il à faire ? Aujourd’hui, quinze ans après les faits, Romand continue de jouer les médecins … en prison. La réalité n’est pas toujours la plus forte.

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