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"En attendant, je me dis que dans ce métier, je devrais plutôt dire dans cette occupation, dans cette façon de vivre, dans ces allées et venues entre l’idée et la misère, j’apprends tout de même, au hasard du chemin, des choses très intéressantes, un jour sur les diamants, un jour sur les chiens".

Malgré quelques longueurs, Mon chèque de Jean-Claude Carrière est charmant, par son intrigue à tiroirs. Dans ce roman, TOUS les éléments extérieurs (l'administration, un chien mort, Bernard Madoff) se mettent d'accord pour empêcher un scénariste de récupérer son dû. Mais cette farce autour des avances et arriérés est surtout éclairante car elle nous vient d’un auteur qu’on ne peut suspecter d’aigreur. Et au bout du compte, qu’est-ce que Carrière nous dit ? Que quelque part, quand on tarde à être payé, on est content. Car, paradoxalement, ce chèque virtuel, c’est quand même une rentrée d’argent sur laquelle compter. Et car c’est toujours plus agréable d’aller, venir, courir, réclamer, harceler que de douter en pensant à son prochain projet. Dans ce roman, le scénariste gobe des couleuvres de huit mètres quand il s’agit de son prochain paiement ; mais il le vit plutôt bien au bout, du compte. Comme si, en bon conteur, il se sentait forcé de respecter le talent de bonimenteur de son producteur. Mais surtout, il sait qu’une fois le fameux chèque dans ses mains, certains vieux doutes reviendront le tenailler. Satané complexe de l’imposteur. Est-ce que certains producteurs peu scrupuleux exploitent sciemment cette corde ? Non, je pense qu’ils s’en fichent.

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