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L'an dernier, le magazine XXL (qui porte encore le deuil de sa grandeur passée), a organisé une rencontre entre Nas et Tyler the Creator. Soit un rappeur reliquat des années 90 et un fils de 2010 à qui tout était promis avec son groupe Odd Future. On peut se demander ce qu’ils ont en commun ? Eh bien, pas grand-chose. Ils n’ont pas les mêmes goûts, pas les mêmes références … Alors, au bout d’un moment, ils en sont réduits à parler de fromage. Malgré tout, cette interview est sûrement une grande victoire pour le rap, une musique désormais tellement vaste que deux rappeurs qui se rencontrent n’ont, a priori, pas plus de choses à se dire que deux inconnus qui squattent le buffet à une pendaison de crémaillère. Loin d’une connivence automatique, il y a de la politesse, de la distance mais assez peu de points d’accroche, tous comptes faits.

L’info qui résumé tout est celle-là : Tyler venait de naître au moment où Nas a débuté sa carrière. Ce dernier avait 19 ans. Il en a aujourd’hui 39 et a passé plus de temps à vivre du rap qu’à faire autre chose de sa vie. Ayant englouti un gros paquet d’années à se laisser porter, à fumer de l’herbe et à broyer du noir ("I’ve spent a lot of time lonely as fuck"), Nas est, à l’échelle du rap, le symbole des superstars passives. Celles qui ne vivaient que pour leur musique et leurs caprices et qui se retrouvent aujourd’hui endettées et nonchalamment déclinantes. En face, à plusieurs reprises, Tyler insiste sur son envie de contrôler le moindre aspect de sa carrière, et de son cerveau. Peut-être parce que, derrière son agitation artificielle et se sauts de cabri un peu agaçants, il pense en réalité : "Mon Dieu, je ne veux surtout pas ressembler à ça à 40 ans". Je lui souhaite tout de même d’être encore dans les parages à ce moment-là. Ca fera au moins une interview sympa.

Tag(s) : #Un peu de rap
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