youngbuck show
La corde au cou, le fisc au cul, sa propre chaîne en vente sur E-Bay … Young Buck visite ces temps-ci les abysses du rap game. Je ne vais pas dire que ça me rend triste (c'est pas Beanie Sigel, quand même) mais son deuxième solo m'avait beaucoup plu. Young Buck tentait de se raccrocher aux wagons du Sud, capturait avec quelque réussite parfois la force fédératrice de 2pac et essayait vaille que vaille, de sauver G-Unit du naufrage. Pour ce que ça a lui a servi. Quelques mots malheureux et une embrouille avec 50 cent plus tard, le revoici dans le salon de son pavillon à Nashville. A ne pas pouvoir aller sur le net, à cause des commentaires malheureux qui traînent sur son compte. A éviter son téléphone pour ne pas avoir à répondre aux huissiers. Juste à rester vissé sur son canapé à quelques mètres de son disque de platine, vestige d'un passé qui n'a peut-être été qu'un rêve. Du coup, que fait Young Buck ? Il fait comme tous les rappeurs américains : de la scène et des mixtapes (prenez-en de la graine les rappeurs français).

Dans Only God Can Judge Me, Buck a trouvé un sujet en or : la dèche. Seul problème, on ne sait pas s'il veut se faire plaindre ou préserver les apparences. La moitié du temps, il nous raconte qu’il doit payer son loyer, que les factures n’attendent pas et qu'il pourrait peut-être tirer un bon prix de son disque de platine. Le reste des pistes, il nous dit qu'il flambe sans compter en soirée avec des filles intéressées et que tout va bien pour lui. Soyons honnête : non seulement l'ensemble manque de cohérence mais même simplement d'entrain et d'envie de continuer à rapper. Oui, j'ai bien aimé imaginer Young Buck en Pac-Man qui esquiverait les gloutons pour manger des billets (écoutez le Can’t Catch Me et dites moi que vous ne faites pas l’analogie, vous aussi) et il y a deux-trois chansons qui suscitent vaguement la compassion (
 Sellin’ Dope Again ou Bill Time). Mais on ne sait jamais si cette mixtape est censée sonner le gong d'un nouveau départ ou chanter le cygne. Dans une zone grise entre "motivation talk" sans conviction et de la "Mood Music" qui ne dirait pas son nom, Young Buck vide son sac sans trop de style et balance un rap aux abois qui met l’auditeur mal à l’aise. Comme disait le dicton, un homme qui se noie ne meurt pas en silence.

La version longue chez Brain.
Tag(s) : #Un peu de rap