C’est donc l’histoire d’extra-terrestres qui décident de ressuciter les morts pour empêcher les Terriens de détruire l’univers avec la bombe solaire. Sacré "pire film de l’histoire de l’humanité" en 1980, Plan 9 from Outer Space a de la ressource. On peut railler ses faux raccords, ses sépultures en carton humide, sa cabine de douche qui fait cockpit d’avion mais ça ne fera pas avancer le débat.

Le fait qu’Ed Wood soit passé à la postérité avec des films extrêmement mauvais doit continuer à nous interpeller. Au-delà de la moquerie, qu’est-ce qu’il reste ? Peut-être une esthétique du collage presque obsédante derrière son apparente désinvolture. Peu importe le jour, la nuit, le sujet, les raccords dans l’axe, la temporalité, le sujet, la durée et SURTOUT le bon goût, Wood, dans ses films les plus fauchés, continue à souder des images qui ne sont pas faites pour aller ensemble. Et ce frottement crée de la vie. On retiendra la course de bisons de Glenn or Glenda quand Bela Lugosi parle du destin dans un film sur les travestis et transexuels ou les ados qui dansent le twist accolés à une image de cadavre dans Night Of The Ghouls. Dans Plan 9, il y a un va-et-vient permanent entre deux acteurs qui jouent le même rôle sans se ressembler (Bela Lugosi et Tom Mason) mais aussi entre deux décors (un vrai cimetière et un décor de studio) censés représenter le même lieu mais qui n’ont  rien à voir entre eux. Le résultat crée un sentiment d’égarement désagréable mais loin d’être inintéressant. Et puis j’aime aussi Ed Wood parce que, quand j’avais 12 ans, ses films m'ont enseigné une vision du cinéma à portée de main, rustique et complètement sincère. Et rien que pour ça, jeudi à 01h00, je regarderai Arte.

 A lire aussi : Un article étrange où je fais un rapprochement improbable entre Plan 9 et Biggie Duets, album posthume de Notorious Big (très très bonne illustration de Stéphane Krzywoglowy).

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