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En 2005, Prodigy de Mobb Deep était un rappeur vieillissant, vague souvenir des années 90 qui se fourvoyait et vendait son âme à 50 cent pour quelques minutes de gloire supplémentaires. En 2009, Prodigy est un rappeur culte, désincarné et désabusé dont les albums solos au charme morbide (Return Of The Mac, HNIC Part II) enthousiasment les fans, les critiques et les légions de téléchargeurs sur Internet. Pour leur faire plaisir, Prodigy (qui purge actuellement une peine de prison de 3 ans et des poussières) a enregistré ce Product Of The 80” en compagnie des rappeurs Un Pacino et Big Twins. Un disque macabre avec une tête d’affiche (Prodigy, donc) en état de délabrement avancé qui rappe en pilote automatique sur des musiques de films d’épouvante. Ca peut paraître peu engageant mais c’est tout ce parti pris qui donne son intérêt à l’album. Sans aucun espoir de rédemption (morale, artistique ou commerciale), Prodigy crache son venin avec une nonchalance affectée qui masque mal un profond amour de l’art et un sens de la rythmique impressionnant. Flottant sur les beats de Sid Roams (je ne sais pas trop qui ils sont mais ce n’est pas pas grave), il balance des textes faits de menaces, de banalités et de fulgurances géniales, tels une marée de noires pensées impossibles à endiguer.

“Just like the gun keep clicking, niggas keep tripping, P keep spitting/ Just like the world keep spinning, the clock keep ticking, P keep spitting”. Comme on dit, “même une horloge cassée donne l’heure juste deux fois par jour”.

Tag(s) : #Un peu de rap
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