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Je n’ai pas chômé depuis que je vous ai laissé avec cette chanson de Raekwon le 24 décembre dernier. Au contraire, j’ai même passé un certain temps à me renseigner sur ce que devenait le Wu-Tang Clan en 2010 (on passe Noël comme on peut). Et le résultat est réjouissant. Déjà parce que, succès commercial ou pas, le Clan n’a pas perdu son goût pour l’escroquerie et la publicité mensongère. Et je ne parle pas du prétendu album commun Raekwon/Method Man/Ghostface dans lequel les têtes d’affiche ne font que se croiser (3 titres et un interlude).

 

- Non je parle de ce formidable documentaire Wu-Tang Saga. Vendu comme le documentaire ultime sur l’histoire du Clan, il se révèle être un film de trois heures sur la vie quotidienne de Cappadonna qui achète pour 1500 dollars de fringues, anime des battles dans des trous perdus de l’Arkansas et vit dans la crasse ultime à Staten Island dans ce qui ressemble à peu près à une buanderie. En soi, le "documentaire" est assez ennuyeux mais cette critique d’un fan blousé est très drôle. La preuve : j’ai lâché un com.

 

- Interview promotionnelle de Raekwon pour l’album Wu Massacre vaguement enregistré avec Ghostface & Method Man. On y apprend que leurs principales réunions concernant l’album se sont faites le soir au téléphone pendant qu’ils changeaient leurs gosses, que les questions de baby-sittings prennent une place croissante dans le planning du Wu et que le fait d’enregistrer des disques ne rapporte officiellement plus rien. Justification de Raekwon sur le peu de temps passé à enregistrer ce disque : "On allait pas passer tout notre temps en studio ! Ca aurait été irresponsable. On a une famille à nourrir bordel !".

 

- Complètement anecdotique, comme d’habitude,  Inspectah Deck n’a rien à dire. Sauf quand on lui parle de ses projets et qu’il mentionne une improbable adaptation cinématographique de Crime et Châtiment (oui, celui de Dostoïevski) avec lui dans le rôle principal. Je n’en sais absolument pas plus mais rien que ça a suffi à me faire rêver.

 

- Enfin le meilleur pour la fin, un moment de grâce offert par le Prince Rakeem alias Robert Diggs alias Rza. Celui qui passe désormais son temps à cachetonner dans des films hollywoodiens (il jouait un douanier dans Date Limite) revient sur la déliquescence du crew avec éloquence, passion, perspective et un grand talent pour brouiller les pistes. Peu importe les anecdotes sur  Method Man qui boude pour une histoire de cœur ou sur Ghostface qui réclame 15 000 dollars à toutes les personnes qu’il croise. Ce qu’on retient, ce sont ces métaphores sentimentales ou sexuelles pour parler du Wu-Tang Clan. Si vous n’êtes par perturbés par cette comparaison entre les concerts du Wu-Tang et la parade érotique d'un couple qui fait l'amour en silence après s’être violemment disputé, vous adorerez cette anecdote paranoïaque sentant la descente de PCP sur les connasses de petites amies qui manigancent des coups fourrés. Pour ne pas briser la magie, pas de traduction, je copie-colle : "Me and my ex-wife wouldn’t get along, you know. So she would go somewhere and I would think to myself 'Where the fuck is this bitch at, what is she doing? Who is she with?' I could think of a thousand things she’s doing. But she only did one thing: She went to the fucking grocery store. That’s life yo"  

Tag(s) : #Un peu de rap