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Comme beaucoup de mauvaises réputations, celle de la série Adventures of Superman tient à de mauvaises raisons. On ne retient que le suicide de George Reeves, les effets spéciaux inexistants, les murs en carton, les 35 ans de Jimmy Olsen et la calvitie de Superman. A ce titre, je vous déconseille le pilote Supermand and the Mole-Men où des nains radioactifs terrorisent un village en contaminant des oranges. Pour le reste, les deux premières saisons valent mieux que  bien des a priori.

Déjà, pour le noir & blanc parfait qui donne aux meilleurs épisodes des allures de thriller de série B : juste assez d’ombres pour faire peur et pour cacher la pauvreté des décors, juste assez de lumière pour rendre le costume gris de Superman éclatant. Pour la nonchalance de John Hamilton qui pose son script sur son bureau avant de dire ses répliques et d’envoyer Lois en mission. Pour les décors annexes qui sont recyclés quasi tels quels d’un épisode à l’autre. Pour la fonctionnalité d’intrigues rectilignes qui savent où elles veulent aller, se fichent des digressions et accumulent les péripéties en moins de 26 minutes : dans le premier épisode, les origines de Superman (de Kripton à la gare de Metropolis) sont expédiées en douze minutes ! Et puis, parce qu’au-delà de l’argument super-héroïque, on sent tout le savoir faire de la télévision américaine des années 50, encore héritière des dramatiques radio, pour pondre de l’intrigue à la demande, avec plein de témoins aux yeux chafouins, de durs aux chapeaux mous et d’innocents qui n’ont rien demandé pendant que des seconds rôles expérimentés font des coups fourrés en roulant des yeux.

Et enfin, pour George Reeves, tout en mâchoire carrée et en virilité des années 50. C’est fou : il ne varie pas son jeu d’un iota, qu’il joue Clark ou Superman – mais on a quand même l’impression de voir deux personnages différents. Et à chaque fois qu’il saute par la fenêtre, je veux bien croire qu’il s’envole dans le ciel, même si on devine qu’il atterit hors champ sur un matelas. Un peu de charisme, de la licence créative, l'envie d'y croire  .. ça a suffi pour faire rêver tous les gamins des années 50. Pas mal pour une série qui était produite par Kellog's.

Tag(s) : #Brèves cinéma
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