23 Mai 2009

Oui, Sorkin est parti et l'aisance insolente de West Wing s'en est allée avec lui. Plus de passe-passe étourdissants dans des couloirs interminables ni de séances bluffantes de rhétorique … Mais à la place, le très compétent John Welles joue à fond la carte du feuilleton (la maladie du président sert enfin à quelque chose) et de la politique-fiction (et si on faisait la paix au Proche Orient ?). Surtout, c'est la perspective de la succession de Bartlet qui redonne un enjeu au show et me passionne à nouveau, alors que j'avais maté la saison 5 d'un oeil tout juste poli. Dans cette sixième année (la septième du président), l'organigramme du staff est bousculé, des dissensions apparaissent et le suspense joue à plein. Mieux, cette idée de casser complètement la structure du récit en divisant en deux la saison (à chaque épisode à Washington répond un épisode sur la campagne Démocrate) est aussi frustrante que jouissive puisqu'elle élargit le champ de la série. Tout à coup, West Wing repose plus sur un concept général que sur des personnages définis. Proche de l'anthologie, elle pourrait durer éternellement et chroniquer les mandats d'une longue lignée de présidents fictifs. Si seulement. Tout ce beau monde ferme le ban avec la saison 7, qui m'attend sagement dans mon armoire. Quoiqu'il en soit, j'ai encore 24 épisodes à voir mais je trouve que West Wing a bien survécu à son créateur. Et c'est là la marque des grandes séries.