Revue de presse : XXL & Comic Box

Ces temps-ci, je déprime. Chaque fois que je vais dans un kiosque à journaux, je finis bras ballants à chercher quoi acheter, tout embêté que je suis de ne pouvoir y claquer mes revenus faramineux. Pourtant, entre le rap, le cinéma et la bande dessinée, je ne manque pas de centres d'intérêts. Mais entre le mariage forcé Studio-CinéLive et Première qui finira par ressembler à Pif Gadget, je ne préfère rien acheter sur le cinéma ces jours-ci.

Pour le rap, c'est pire: A chaque fois que j'ouvre XXL, le marché du disque s'est effondré d'un nouveau cran. Auparavant, chaque rookie qui débarquait glosait sans fin sur l'argent qu'il se faisait et vendait chaque pseudo deal parallèle (musique de jeux vidéos, pub pour une obscure ligne de fringues, séries Z d'action en DVD....) comme la brique d'un gigantesque empire en devenir. Aujourd'hui, c'est tout juste si les mecs qui passent en boucle en radio nous avouent qu'ils mangent pas à leur faim tous les soirs. Entre les faiseurs de tubes qui ne vendent pas beaucoup de disques (Salut Flo Rida), les next big thing qui finissent en pétard mouillés (bien ou quoi Asher Roth ?) et la clique des mecs du Sud en couverture qui déclare, sans ironie que le succès leur importe moins que de "voyager et se faire des amis", j'ai la macabre intuition que le rap se transforme lentement en un marché de niche. Impression renforcée par la baisse de qualité de XXL où les interviews par téléphone ont remplacé les (forcément) plus coûteux, plus longs et plus substantiels portraits et reportages.

Heureusement, il me reste la bande dessinée et Comic Box. C'est paradoxal car je ne lis presque plus de comics. Manque de temps et puis le pote qui m'en prêtait habite trop loin maintenant. Pourtant, face à l'hécatombe qui touche les maisons de la presse, je reprends un vrai plaisir à lire Comic Box et à avoir des nouvelles de mes anciens super-héros favoris. Déjà, c'est bien pratique de savoir où en est chaque personnage, sans avoir à se farcir des kilos de pages mal écrites. Mais surtout, le ton employé par l'équipe donne l'impression d'avoir en face de soi un ami d'enfance super calé qui a envie de partager tout ce qu'il sait, sans jamais vous reprocher de ne pas en connaître autant que lui.

En plus, malgré un marché au plus bas (les comics sont dans le rouge depuis bien plus longtemps que les rappeurs), chaque intervenant (du journaliste aux auteurs interviewés) conserve une passion intacte pour sujet. L'autre gros atout de Comic Box, c'est que malgré leur intérêt pour l'actu brûlante, ils trouvent toujours un moyen de la rattacher à l'histoire connue du medium, quitte à aller chercher très loin. Dans ce numéro, par exemple, il y a un article du toujours impressionnant Xavier Fournier, sur l'histoire du catch dans les comics des années 50 à nos jours. Que dire de plus ? Je n'ai à leur reprocher que leurs 30 pages de BD bouche-trous que personne ne lit, mais à part ça, Comic Box a trouvé l'équilibre parfait, évitant à la fois l'oeuvre de fan repliée sur elle-même et le risque du magazine trop généraliste. Tant qu'il y aura de la place pour une presse spécialisée de ce style dans les kiosques, je continuerai à me dire qu'il y aura une parcelle d'espoir et que cette saloperie d'Internet n'aura pas encore tout à fait tout bouffé. Amen.

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