Maigret et le festin de pierre

                                          

Mercredi dernier au cinéma l'Entrepôt dans le 14e, c'était la projection de Tout ou presque sur Maigret d'Alain Ferrari, dont voici le point de départ : parmi toutes les adaptations et par-delà les époques ou les pays, qu'est-ce qui fait l'unité d'un personnage de la culture populaire ? Le vrai Maigret, parmi tout ça, il est où ? Dans les livres ? Bizarrement, non, figurez-vous que le vrai Maigret est en Hollande.

Rien que pour apercevoir un Japonais moustachu qui joue Maigret dans les années 50, ce film vaut ses 52'. Mais il y a aussi les interventions de Simenon, qui répond aux questions sur sa création avec une conviction saisissante. Peu importe le sujet (l'absence de jugement moral chez Maigret, l'orientation exacte de son canapé, l'intensité de son désir sexuel pour Madame Maigret), Simenon a la réponse déjà toute trouvée, présente en lui depuis longtemps et qui ne demande qu'à s'exprimer, avec plein de mouvements de bras et d'enthousiasme dans la voix. Comme si Maigret n'était pas une projection intellectuelle, mais plutôt une sorte de créature nourrie de l'intérieur et qui , loin de s'épuiser, aurait grossi en lui au fil des années. Une théorie séduisante et qui expliquerait comment il a pu abattre 103 enquêtes du Commissaires en 40 ans. Sinon, pour comprendre le titre de ce billet, je vous invite à regarder ce documentaire quand il passera. J'ignore encore la date & l'heure de la diffusion, mais arrangez-vous pour ne pas le rater.
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