Je ne sais pas trop quoi penser de Relapse : trop long, trop dense, trop touffu, trop impersonnel (je le voulais, mon Proof tribute, bordel!), l'album est quand même sacrément addictif. Parce que c'est Eminem ? Peut-être. Écouter Relapse, c'est comme prendre des nouvelles d'un ami convalescent. Ou ici, qui reprend goût au rap en attendant de trouver des choses à dire. Débauche de technique intemporelle servie par un mix cristallin, l'album tourne quand même à vide durant ses deux premiers tiers. Peu importe le nombres de starlettes dans le coffre ou tout ce valium écrasé dans la purée, les couplets se mélangent immanquablement. Ce n'est qu'avec le doublé Déjà Vu - Beautiful que les choses se nouent. L'engourdissement des jours qui passent doucement dans l'indolent Déjà Vu et l'ambiance de gueule de bois de Beautiful ont un effet catharsique. Marthers se confie après tant d'atermoiements et les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Seul problème : l'album est déjà presque fini. Mise en scène d'une lucidité tardivement retrouvée, Relapse voit son centre de gravité déplacé vers la conclusion. Reste donc Underground, qui sonne (dans le meilleur sens du terme) comme un bonus track du Marshall Mathers LP. Eminem y rappe comme une machine hors de contrôle, incrédule d'avoir récupéré toutes ses capacités. Le résultat est jouissif malgré le mauvais goût du refrain. Métaphore de circonstance : c'est comme si, de son vivant, le défunt Christopher Reeve s'était levé de son fauteuil pour s'envoler d'emblée dans le ciel. Alors Relapse ? Ultime baroud d'honneur ou simple teaser pour un Relapse 2 dans la lancée d'Underground ? Seul Eminem le sait. Rendez-vous au prochain come-back.

Tag(s) : #Un peu de rap
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