Ignorant Shit (Original) – Jay-Z : Il faut être dur, mais honnête : cette chute du Black Album a plus de classe et d'élan naturel que tous les post-scriptum de la carrière de Jay-Z. Et à côté, la version liftée qui se trouve sur American Gangster ne fait pas le poids. Qu'est-ce qui fait la différence ? L'intro de Pain in da Ass en plus ? Le come-back poli et furtif de Beanie Sigel en moins ? Le bref troisième couplet qui propulse le propos du titre vers de nouveau sommets ? Ou c'est peut-être simplement le fait que lorsque Jay-Z se compare à Lyor Cohen en 2003, c'est génialement visionnaire, en regard de l'évolution que ça annonce. En 2007, c'est tout bêtement prévisible et un peu trop évident.


I Do It For Hip Hop – Ludacris, Nas, Jay-Z : Un jour, faudra que je parle de Ludacris, de son immense talent et de son côté beaucoup trop propre sur lui qui l'empêche de donner sa pleine mesure. Ici au moins, il ne dépareille pas au milieu de deux légendes dont il est presque l'égal. Des trois couplets, je retiens Jay-Z qui, du haut de ses 433 millions de dollars, ne manque pas une occasion d'enfoncer la tête de Jaz-O dans le sable. C'est gratuit, c'est bas et c'est mesquin mais ça fait du bien dans un titre peut-être trop plein de bons sentiments.

 

My Medicine – Snoop Dogg : Snoop est un génie. Avec Ego Trippin', il nous confirme qu'il constitue un genre à lui tout seul : il fait du Snoop, et si ça ne vous plaît pas, c'est la même chose. Enfin, j'ai cru comprendre que l'album n'avait pas trop marché donc je pense que ça calmera ses ardeurs pour son prochain disque, sûrement plus traditionnel. Dommage pour Ego Trippin', mais la postérité se souviendra de ce disque.

 

Gangsta Don't Play – Fabolous & Junior Reid : Un orgue funèbre, la lourdeur du climat, le temps qui paraît s'arrêter, des anges qui volent au-dessus de nos tête et Fabolous qui voit les balles passer. Junior Reid fait beaucoup pour l'atmosphère de ce titre, mais quand même ! En l'écoutant, je me dis que Fab est passé à côté d'une vraie carrière, tel un miraculé, un peu comme on passe entre les trajectoires des tir croisés.

 

Harder Than You Think – Public Enemy : Ca exhale un parfum particulier pour P.E., habitué depuis des années à l'aigreur et à la lutte perpétuelle contre on ne sait trop quoi (Bush, les autres rappeurs, l'industrie du disque …). Avec How To Sell, le groupe s'ouvre à nouveau, reprend plaisir à faire de la musique et contemple son héritage : celui d'un groupe légendaire toujours sur le pied de guerre. A ce sujet, je le redis : Flavor Flav for president. 25 ans après Public Enemy #1, il déclame la même intro à la perfection, donnant le coup d'envoi de Harder Than You Think, marche triomphale de Public Enemy vers le Panthéon. En fermant les yeux, on peut imaginer le groupe au complet, en plein rappel et sur la scène qui leur revient de droit : celle du Madison Square Garden.

Tag(s) : #Un peu de rap
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