Je suis en plein dans les histoires de prostituées, en ce moment (je lis Jours Tranquilles à Clichy). Très bonne idée de Soderbergh et ses scénaristes (Brian Koppelman & David Levien) de lier le sexe tarifé à la récession. Les prétendus hommes forts qui ont recours à Sasha Grey sont en fait des mâles aux abois, effrayés par la crise qui ont moins besoin de sexe qu’ils n'ont besoin d’être écoutés, rassurés, calinés (beau clin d’œil, il y a plusieurs scénaristes & producteurs dans le lot), et ce du début, jusqu’à à la dernière scène, éloge du safe sexe version 21eme siècle. Ceux qui s’attendaient à un film sulfureux en sont pour leur frais et c’est pas plus mal. En revanche, derrière le joli vernis des images et le tournis d’une narration  destructurée, tout ça finit par sonner creux. L’histoire fait du surplace, Sasha Grey quitte rarement sa froideur affectée (mais saurait-elle jouer autre chose ?) et le personnage du petit ami idéal (sportif, dynamique et avec l’esprit d’entreprise) finit par frôler le hors champ. La crise économique a-t-elle rendu Chris complice de la prostitution de sa copine ? Qu’est-ce qui rend leur relation plus spéciale que celle que Sasha entretient avec ses clients ? On ne le saura pas. Restent beaucoup de questions, un peu d'ennui (malgré la durée d'1h17) et, définitivement, de jolies images.

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