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Des lourdeurs, du pathos, des facilités, mais aussi des petites choses remarquables. Du savon emballé dans du papier journal, une chaussette gonflée par l’air chaud d’un sèche-mains, une serveuse qui change d'attitude en quelques semaines et bien sûr, De Niro. S’il avait été un peu mieux dirigé, cela aurait été une grande prestation. A la place, il surjoue. Mais je ne blâme pas le réalisateur. Si j’avais été sur le plateau, tout comme lui, j’aurai sûrement eu du mal à couper. De Niro parade donc dans le plan, avec son imper et son joli chapeau, fier de lui et de ses mensonges. La réalité le rattrape mais ne l’atteint jamais vraiment. Face à lui, le gentil Paul Dano fait sa part du taf : il est propre, gentil, une bonne nature. Rien d’extravagant face à un être humain dont la garantie est expirée depuis trop longtemps pour qu’il puisse prétendre à une rédemption. Being Flynn reste hollywoodien, mais peu importe. De Niro y retrouve des réflexes qu’on croyait disparus. On repense au Travis Bickle de Scorcese & Schrader. Peut-être que si on recroisait le personnage aujourd’hui, on le trouverait là, dans ces rues de New York, à conduire le même taxi.

Ecrit par Paul Weitz d’après l’ouvrage de Nick Flynn

Tag(s) : #Brèves cinéma, #Blog
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