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L’Age de son retour d’Arnaud Gautier sur Arte
Vendredi soir, Arte diffusera L'Age de son retour, moyen métrage (55') d’Arnaud Gautier, sur lequel j'ai travaillé comme consultant, à l'étape du scénario. J'ai pu voir le film récemment, j'y ai retrouvé tout ce qui m’avait plu à l’étape de l’écriture. A cet égard, le couple formé par Thierry Levaret et Isabelle Hétier est remarquable d’humanité. Précision : la diffusion a lieu dans la nuit de vendredi à samedi, à 0h40.
Résumé : Tony, la quarantaine, travaille dans une usine de fabrication de chaussures. Sa femme Sophie cultive un petit jardin et fait quelques baby-sittings. Depuis qu'ils sont en surendettement, ils habitent un mobile home dans un camping. Leur budget est serré, et chaque dépense représente une angoisse. C'est alors que Rémi, leur fils de 17 ans, revient vivre avec eux.
Les attaches familiales - 22/05/13

Ma fiction, "Les attaches familiales" sera diffusée durant l'émission Nuits Noires, dans la nuit de mercredi à jeudi (à deux heures du matin pour être exact). Elle sera aussi disponible en réécoute pendant un an, sur cette page. J'étais présent pendant l'enregistrement, mais je n'ai pas du tout participé à la post-production. Hâte d'entendre le résultat.
Les attaches familiales
Résumé : Sur cette route de province, Bruno fait du stop. Il est calme, poli mais il a une obsession en tête : retrouver sa mère.
Scénario : Yacine Badday - Réalisation : Jacques Taroni - Produit par Patrick Liegibel dans le cadre de l'émission Nuits Noires
Avec : Benoît Marchand (Bruno), Pierre Forest (Stéphane), Béatrice Angenin (Hélène), Thomas Sagols (Jérémie) et Florence Maury (Corinne)
Bruitages : Jean-François Bernard-Sugy - Son, montage et mixage : Eric Boisset et Emmanuel Armaing - Assistante à la réalisation : Clémence Gross
A la radio

Si j'avais du naître aux Etats-Unis, j'aurais aimé avoir 5 ans en 1939. Rien que pouvoir écouter Orson Welles interpréter "The Shadow" dans le feuilleton radio. J'aurais été assis en tailleur sur la moquette du salon, après le dîner. Face au gros poste galène, j'aurais eu la gorge serrée quand the Shadow aurait été en danger. Et les images du cliffangher seraient sûrement restées gravées en moi durant des années. C'est étrange, car j'en ai assez peu écouté mais les fictions radios me fascinent depuis longtemps. Ca me plait qu'elles aient contribué à la propagation de nombreux mythes modernes (saviez-vous que Superman ne volait pas à l'origine et que ce changement provient du feuilleton radio ?) avant de devenir un format de niche. Plus largement, c'est un format particulier qui mêle le rythme imposé du cinéma au pouvoir d'évocation de la littérature.
Les fictions radios sont plus confidentielles mais existent encore, grâce à Radio France. Désormais, l'écoute d'une fiction n'est plus familiale mais devient une expérience solitaire, quasi-intime et, si l'auteur a bien fait son travail, unique. J'ai pu en écrire une récemment. Si vous écoutez, j'espère que vous y trouverez de quoi faire un joli travail de re-création. Que vous soyez assis en tailleur dans votre salon ou pas. Vous ferez comme vous voudrez.
Projection de Hors Saison - 17/05/2013

Cela faisait un moment : Hors Saison, le film d'Alexandre Hilaire que j'ai co-écrit sera projeté à la SACD, dans le cadre d'une soirée "WIP". Trois autres courts métrages sont programmés : Ceux qui marchent contre le vent" de Bastien Simon, Moi de Pauline Goasmat & Gaël Bernard et Ce n'est pas un film de cow-boy de Benjamin Parent. Réservation par mail via wipcollectif@gmail.com.
Rendez-vous le vendredi 17 à partir de 19 heures.
Le Cinéma de Boris Vian à Rennes et Martigues

- En mars derniers, je me suis rendu à la remise des diplômes de la promotion Boris Vian à Sciences Po Rennes. Les organisateurs m’avaient demandé de dire quelques mots aux nouveaux diplômés. Puisque toute cérémonie a besoin d'un rabat-joie, je leur ai parlé d’échec. J’ai évoqué la vocation contrariée de Vian cinéaste, sa mort en pleine séance de J’irai cracher, et cette fameuse "montagne de la connerie" qu’il détestait escalader. Tout à la beauté du moment, aucun étudiant n’a semblé affecté par mes paroles et les organisatrices ont semblé satisfaites. Quant à moi, j’ai pu revoir la fameuse Joconde de Gruel, Suyeux et Vian qui a été projetée. Je me résous donc à être positif (pour une fois) et à avouer que j’ai passé un bon moment.
- Sinon, notre documentaire est programmé durant deux semaines à Martigues, en accompagnement de L’Ecume des Jours. Cela fait très plaisir même si on ne parle pas du tout de l’Ecume dans notre documentaire (mais chut, s'il vous plait!).
Projections à l'espace Prosper Gindzaz, du 14 au 26 mai à 15 heures. Renseignements : 04 42 10 91 30
Les Petits Princes - Teaser
Mes camarades Vianney Lebasque et Mathieu Gompel avaient écrit et réécrit (car il faut bien rappeler que cela marche comme ça) un très bon scénario. Celui-ci est devenu un film, réalisé par Vianney, qui sort le 26 juin. Autour de Paul Bartel, on retrouve, au casting des Petits princes, Reda Kateb, Eddy Mitchell ou encore Adel Bencherif. Je pense que vous n'aurez sûrement pas besoin de moi pour entendre parler du film ; mais d'ici là, ça me fait quand même plaisir de poster ces premières images. Hâte de voir le reste.
Edit : la bande-annonce complète
Secret Identity de Kurt Busiek & Stuart Immonen

Dans la grande famille des auteurs de comics, Kurt Busiek appartient à la classe des "reconstructionnistes". Derrière ce vilain mot, se cache volonté constante de restaurer le lustre des grands super-héros classiques. Amoureux transi du Silver Age (1957-1973), il est en cela un direct héritier de Stan Lee. Mais s’il ancre ses héros dans le réel, s’il projette sur eux le regard de l’Homme de la rue, ce n’est pas pour les rendre ordinaires. Au contraire, c’est pour souligner ce qu’ils ont de proprement merveilleux. Après Marvels (1993) et en parallèle à sa grande œuvre, Astro City, Busiek a écrit ce Superman : Secret Identity, parabole sur la force de persuasion des mythes, leur emprise sur la réalité et sur la manière dont la fiction nous aide à vivre. Dans une réalité identique à la nôtre, Clark Kent, 17 ans vit un calvaire : ses oncles éloignés lui offrent des pyjamas siglés pour son anniversaire et les autres ados l’accueillent d’un "Hé où il est ton costume, Superman ?" quand il arrive au lycée. Sa vie n’est qu’une longue marche à l’ombre d’un héros de fiction. Jusqu’au jour où il se découvre, lui aussi, des super-pouvoirs. Mais que va-t-il en faire ? Quelle place trouver entre une réalité qui n'a plus cours et un mythe inaccessible ?
Jolie fable sur le thème de la vie qui imite l’art, qui imite la vie, qui imite la poule, Secret Identity séduit aussi grâce au trait sensible de Stuart Immonen. Il a quelque chose d’anti-démonstratif qui, paradoxalement, renforce l’intensité de ses planches. Dans une case, par exemple, il insiste sur une mèche de cheveux qui couvre le regard de Lois. A ce moment, précisément, on comprend pourquoi Clark tombe amoureux. Et sans effets, en laissant la vie se dérouler, les auteurs parviennent à rendre un rendez-vous amoureux plus palpitant que mille sauvetages d’avion
De l'autre côté
"Je n'ai pas eu le courage d'écrire plus tôt pour le théâtre car je ne voulais pas abandonner mon métier d'éditeur et le confort relatif qu'il m'apportait. Le romancier peut avoir une autre activité, être enseignant ou médecin le jour et écrivain la nuit. Mais lorsque vous avez commencé un dialogue de théâtre, il n'est pas question de lâcher ses personnages pour aller faire un cours. Mon attitude correspondait à elle qui se dit en pensant à une femme 'je vais tomber amoureux si je continue de la voir'. Et qui préfère renoncer"
Jean-Claude Brisville
Rencontre Crowdfunding
Bien que je sois (a priori) sceptique concernant le crowdfunding, il s’agit d’une voie qui semble de plus en plus s’imposer aux créateurs. Mais est-elle vraiment viable et surtout, que change-t-elle dans le rapport entre le créateur, l’œuvre et son public ? Sur une excellente initiative de la SCAM, cette rencontre (animée par Cédric Mal du Blog Documentaire) a tenté de soulever ces questions. En sortant, je me suis dit que le crowdfunding sera vraiment viable comme source de financement quand les plateformes proposeront une vraie plus-value les unes par rapport aux autres, quand elles seront plus sélectives et, par conséquent, plus "éditorialisées". Jusqu'ici, à part inciter les porteurs de projets à "créer et animer leur communauté" les structures ne semblent proposer principalement qu'une mise à disposition technique. Mais qu'apportent-elles au débrouillard qui sait se créer un compte paypal ? Et est-ce suffisant pour que ce mode de financement se généralise ? Combien de projets réussisent à convaincre des donateurs du fameux "troisième cecle" ? Etant d'humeur optimiste ce lundi, je ne doute pas que l'avenir m'apportera des réponses. Réunissant beaucoup de représentants de ce "marché" (mais peut-on employer ce mot ?), la rencontre ci-dessus a eu le mérite de me faire réfléchir. Bon visionnage.
Boris Vian au Musée des lettres et Manuscrits

Le film se rapproche à grand pas. Et naturellement, ça donne envie de se repencher sur le roman. Le Musée des Lettres et Manuscrits consacre une (trop) petite exposition à L’Ecume des Jours. Le plus fascinant, ce sont les brillants manuscrits, quasiment dénués de ratures. Ecrit en deux mois et demi par Vian sur ses horaires de bureau (merci l’AFNOR), L'Ecume a été rédigé quasiment d’une traite, dans un flux continu. En cela, on retrouve complètement le Vian magicien du premier jet, le "touche-à-tout de génie" dont la pure performance éclipse parfois la qualité de l’écriture. Car lire du Vian revient souvent à se prendre dans la figure ce souffle de vie, ce bouillonnement en temps réel de trouvailles et concepts qui semblent surgir au fil de la plume. C'est parfois oppressant, d'ailleurs, comme si la phrase elle-même ployait sous le poids de ses propres idées. C'est sûrement pour cela que j'ai toujours trouvé Vian plus léger et aérien dans ses écrits mineurs (revues de presse de jazz, certains Sullivan, articles en tous genres ou ... scénarios de films). Pour en revenir à l'Ecume, la seule exception à ce trait de plume ininterrompu est l’avant-propos, laborieusement rédigé, raturé et recommencé. Ce dimanche après-midi m’a quand même valu la joie de découvrir de la main de Vian cette phrase que j’aime tant : "Il apparait en effet que les masses ont a priori tort et les individus toujours raison". Je me plais à penser qu'il s'agit d'une vérité absolue. Le manuscrit intégral est disponible en fac similé aux Editions des Saint-Pères. Un jour peut-être.