Jean Cosmos

Publié le 14 Septembre 2014 par Y dans Brèves cinéma

Le grand scénariste français Jean Cosmos est décédé. Il avait notamment co-écrit le très beau Laissez Passer, comportant un portrait plein d'affection de Jean Aurenche. Le réalisateur Laurent Heynemann lui a rendu hommage :

 

"Pour Jean Cosmos, le droit d’auteur n’était pas un dû, c’était un devoir. Devoir de s’exposer au meilleur de sa forme d’artisan et au plus vigoureux de son inspiration d’artiste; devoir d’accomplir sa tâche sans cynisme, en ayant une conception élevée de son travail, vivant comme une honte la connivence avec la médiocrité, comme une tare la paresse, et comme un impératif catégorique le respect du public."

Laurent Heynemann

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Demain, c'est loin, même à quatre heures du matin

Publié le 6 Septembre 2014 par Y dans Un peu de rap

"Westcoasla, l’émission préférée des scarlas ! Avec Amilcar, Joe Le Rapide, Hamedéyéyéyéyé et moi Stomy Bubububugsy, Ouwééééééé !". Hum. Retour sur une époque révolue, avec le ton compassé de ceux qui prennent la nostalgie pour une qualité.

 

Au lycée, à l’âge où beaucoup se posent des questions sur leur avenir, moi, je savais déjà ce que je voulais faire de ma vie : écouter du rap français. Mon acte de foi ? Me ruiner la santé en écoutant jusqu’au bout toutes les émissions nocturnes de Skyrock. Alors non, je n’ai certes pas frôlé de rail électrifié ni chopé de scoliose en ratant une coupole. Mais j’ai quand même payé mon dû au hip-hop : je me suis couché tard, quitte à souvent ressembler le lendemain à un sac de linge sale échoué par erreur sur un pupitre. Sérieusement, vous connaissez un plus grand acte d’abnégation que d’écouter, semaine après semaine, DJ Spank poser les mêmes questions à d’obscurs groupes du gouffre ? ("Et sinon, à part ça, vous avez des showcases de prévus ?"). Cependant, il est vrai, qu’au bout d’un moment, il y a comme des limites à écouter le même morceau de Sniper dans 4 émissions différentes, et à crier à chaque fois "L’Etat nique sa mère", le doigt brandi, blotti dans son lit. De quoi sérieusement se remettre en question, même.

Heureusement, sans se presser, Westcoasta, le show bimensuel de Stomy Bugsy, est arrivé, remettant du baume dans mon cœur de passionné. Car cette émission était tout simplement un espace libre consacré au n’importe quoi le plus éhonté. Au hasard des nuits, on pouvait y entendre des rescapés de Koh Lanta égarés qui balançaient sur les autres candidats ; Mokobé du 113 critiquant un téléfilm de France 2 qui disait du mal des Maliens ; Titia de La Ferme se demandant ce qu’elle foutait là, ou encore un accordéoniste de La Chanse Aux Chansons que Stomy avait rencontré la veille dans le train. Plus cinq ou six gratteurs dans le tas, pour le folklore. Et bien sûr, le fameux Hamed Daye, backeur au chômage, qui demandait à chaque auditrice en ligne comment elle était habillée, et s’il n’y avait pas moyen de passer chez elle après l’émission.

Les débuts n’avaient pourtant pas été fameux. Je soupçonne même fortement Stomy d’avoir accepté cette émission afin de se serrer Sophie, sa co-animatrice, qui racontait tout le temps qu’elle portait des strings (c’était moins courant à l’époque). Du coup, pendant les premières émissions, le Prince des Lascars se contentait de la chauffer assez lourdement entre deux morceaux de 2pac. Mais quand elle est partie, les choses sérieuses ont pu commencer. Déjà, Stomy s’est mis à balancer (ou inventer, allez savoir) des rumeurs, et l’émission a décollé. On se rappellera entre autres du moment où il a donné l’adresse du chirurgien soupçonné d’avoir lifté Kool Shen, ou raconté, hilare, comment Passi avait éclaté une bouteille de vodka sur le crâne de Joey Starr. Il y avait aussi des débats de société ("Faut dire la vérité, le Hustler, t’y vas, tu paies, tu paies, tu paies ; puis tu rentres chez toi et tu te branles".) ou des ex de Stomy qui appelaient l’émission en pleurs, encore émues par une nuit d’amour qui remontait au moins à sept piges. Et des moments surréalistes, comme cette chroniqueuse d’un soir qui a demandé à Rohff, alors en pleine promo, sur quelle chanson de son double-album il préférait se faire sucer.

Autre rendez-vous mythique, le point mensuel sur le régime de Driver, qui ne mangeait à l’époque que des salades crudités, sûrement pour qu’on arrête de le confondre avec Biggie. Il affrontait également régulièrement Hamed Daye dans des "concours de grosses voix", qui duraient bien dans les 20 minutes à chaque fois. Bref, avouons-le, l’émission était souvent à la limite de l’écoutable. Mais ce laisser-aller permanent avait au moins le mérite de briser les routines promotionnelles infligées par le Cut Killer Show et Sky Boss. En écoutant Westcoastla, on avait la bizarre impression que la direction de Skyrock avait laissé les clés à une bande de fous furieux qui se servaient d’un micro pour la première fois. Et rien que pour ça, ça valait le coup de rester éveillé.

Imprévisible et inégale, l’émission s’est arrêtée comme elle avait commencée : pour des mauvaises raisons. Un employé du CSA qui s’ennuyait ferme un soir a en effet été outré par la diffusion d'un titr du groupe Les Sales Blancs. Criant au racisme anti-blanc, l’organisme a fait pression pour que Skyrock stoppe la diffusion de l’émission. Et peu importe si les interprètes de l’infâme morceau incriminé étaient … blancs, justement. Passée une émission finale en apothéose durant laquelle Passi et Stomy ont à nouveau promis la reformation du Ministère, les nuits du lundi sur Skyrock ont retrouvé à tout jamais leur saveur grise et leurs morceaux de R’n’B en boucle, comme si toute cette folie n’avait jamais existé. Pourtant, une poignée de fidèles se souvient de cette époque. Et, tous les 15 jours, avant de s’endormir, certains d’entre eux entendent encore comme l’écho d’un cri de show lapin qui court dans la nuit. Ouwé.

 

Publié en 2005 dans Last-Mag 12

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Whimsy and Spit: Boris Vian's Two Minds

Publié le 4 Septembre 2014 par Y dans Vrac

Beau regard venu d'ailleurs sur notre cher Boris Vian. Les papiers du New Yorker ne cesseront jamais de m'impressionner.

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Taxi Driver

Publié le 28 Août 2014 par Y dans Brèves cinéma

What happened was that I wrote an essentially Protestant script and Martin Scorsese directed a very Catholic film. "

Paul Schrader

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Richard Pryor - When kids lie

Publié le 24 Août 2014 par Y dans Vrac

Sacrés enfants

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Nuit de tournage

Publié le 6 Août 2014 par Y dans Actualités projets

Nuit de tournage

Voilà. C'était studieux, c'était dense, c'est passé à la vitesse de l'éclair. J'ai beaucoup appris. Le film arrive bientôt.

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Sur la pointe des pieds

Publié le 1 Août 2014 par Y dans Films

Résumé : C’est l’anniversaire d’Élias, 30 ans. L’occasion pour lui de célébrer son éclatante réussite professionnelle. Sauf qu’en coulisses, son couple se désagrège. Lors de cette soirée, MARIE  se terre dans la salle de bain.

Avec : Maud Wyler, Salim Kechiouche, Julie Cavanna, Mathieu Alexandre

Ecrit et réalisé par Yacine Badday  

Image : Gertrude Baillot - Son : Pierre Bompy - Montage : Jérôme Bréau - Montage Son : Clément Badin

Durée : 12' - Année : 2014 - Produit par Les Valseurs 

Lauréat du PriDe L'Ecrit à l'Ecran 2012 - Librement inspiré de la nouvelle Personne d'autre de Frédérique Clémençon (Les Petits, éditions de l'Olivier)

(en post-production)

Making-of

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Oubliez tous vos préjugés sur John Wayne

Publié le 24 Juillet 2014 par Yacine dans Brèves cinéma

A en juger par cette extraordinaire interview de Playboy en 1971, il était bien pire, en fait. Fascinante rencontre avec un vieux bloc de l'Amérique qui s'effrite devant la journaliste, mais persiste jusqu'au bout dans son anachronisme. Bon point, ça me donne quand même envie de voir son film pro-Guerre du Vietnam.

"I don't feel we did wrong in taking this great country away from them, if that's what you're asking. Our so-called stealing of this country from them was just a matter of survival. There were great numbers of people who needed new land, and the Indians were selfishly trying to keep it for themselves."

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Géant de George Stevens

Publié le 22 Juillet 2014 par Yacine dans Brèves cinéma

J’ai vu le plus beau film de l’Histoire. Et quand on vit une telle expérience, il est normal de le crier à la face du Monde. Ca tombe bien, c’est justement la vocation du cinéma de tout englober, comme Géant. Des grandes étendues dorées aux disputes de salle à coucher. Des relations quasi-incestueuses entre un frère et une sœur, jusqu’au sort des Mexicains, à qui on a tout pris et avec qui il serait peut-être temps d’être gentils. C’est la magie du cinéma de prendre des personnes de 23 ans pour mimer le grand âge, feindre le poids des ans et engueuler des acteurs qui sont plus vieux qu’eux mais qui interprètent leurs enfants. Cette densité narrative et formelle, ces enfants qui chassent les parents du centre du récit, donnent à Géant un mouvement circulaire, comme si le film avait commencé sans nous et était destiné à ne jamais se terminer.

Il y a surtout le bouillonnement de James Dean, à la folie et au cabotinage contenus par les limites d’un second rôle. Et croyez-moi, il me tapait sur les nerfs dans La Fureur de vivre et A L’Est d’Eden. Grande figure tragique de Géant, Jet Rink (Dean) est successivement attachant, troublant, puant. Mais toujours seul, seul, seul. Une incarnation du rêve américain encore plus viscérale que Kane dans le Citizen d’Orson Welle. Surtout quand Jett, l'amoureux dépité, danse sous une pluie de pétrole, luisant, dégueulasse, victorieux. Accueillant les centaines de millions de dollars qui vont autant le pourrir jusqu’à l’os que le rendre immortel. Ou comme le dit l’Oncle, à la fin de la première partie, résumant la dureté flamboyante de ce chef d’œuvre, à qui il ne manque que quelques chevaux et 2/3 colts pour être un western :  "Tu aurais dû le tuer il y a des années. Mais il est trop riche maintenant".

 

Ecrit par Fred Guiol & Ivan Moffat d'après le roman d'Edna Ferber

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